La Fédération fribourgeoise d’apiculture (FFA) est fondée le 27 décembre 1915. Les délégués des apiculteurs et des sociétés du canton se réunissent ce jour-là au café de la banque à Fribourg et décident de créer une fédération cantonale. Ils élisent le premier comité dont les membres sont:

– M. Le Doyen Joseph Colliard de Dompierre, président
– M. Joseph Hayoz de Liebistorf, vice-président
– M. César Bonny de Fribourg, secrétaire
– M. J Kolly de Fribourg, caissier
– M. Aeby de Givisiez, membre adjoint

Ce comité possède quelques prérogatives. Par exemple, dans sa séance du 11 juin 1917, il fixe le prix du miel à 4 fr. le kilo pour la vente en gros et à 4 fr. 50 pour la livraison au détail.

La société d’apiculture de la Gruyère constituée en 1918 demande son admission à la FFA en 1919.

En 1920, le concours cantonal des ruchers est mis sur pied dans le district de la Broye et la partie romande du district du Lac. La fièvre aphteuse, épizootie contagieuse sévit dans le canton et empêche le déroulement du concours.

Joseph Dietrich fait son entrée au comité en 1921. En remplacement de M. Kolly démissionnaire.

Les 22 et 23 mai, la société romande d’apiculture (SAR) tient ses assises à Fribourg. A cette époque on prend le temps de joindre l’utile, le culturel et l’agréable. L’assemblée a lieu dans la salle du Grand Conseil. Un concert d’orgue est offert aux délégués à la cathédrale Saint-Nicolas en fin d’après-midi. Le deuxième jour, les délégués se retrouvent à la Place de la Gare à 8 heures et se rendent au rucher de M. Stöckli à Pérolles, puis sur le chantier du pont de Pérolles. Ils dînent au café de la Croix Blanche à Marly et visitent l’école d’agriculture de Grangeneuve au retour. Les comptes de cette assemblée accusent un déficit de 609 fr. Le Conseil d’Etat, bon prince verse un subside de 300 fr.
L’avoir de la Fédération, quelques 7’850 fr., est déposé auprès de la Banque Commerciale Fribourgeoise. Le taux d’intérêt qu’elle verse est d’un quart supérieur à celui de la Banque de l’Etat. Mais l’avantage n’est qu’apparent. En 1922, la banque Commerciale fribourgeoise est en déconfiture et la FFA perd le 30% de son dépôt. Réunis en assemblée extraordinaire le 9 juin, les délégués décident d’introduire une cotisation annuelle de 20 centimes par membre. L’Abbé Gapany, Curé de Vuippens, est nommé membre du comité en remplacement de M. Stöckli.

L’assemblée de 1924 voit entrer au comité Louis Devaud de Fribourg et Henri Joye de Prez-vers-Noréaz. En 1926, Mr Annen remplace Mr. Remy de Planfayon pour la société de la Singine.

En 1929, le Doyen Colliard abandonne la présidence qui est reprise par Joseph Dietrich ; il devient vice-président. C’est de cette année-là que date l’obligation, toujours en vigueur, faite aux présidents, de rédiger un petit rapport sur les activités de leur société de district.

En 1930 la FFA décide d’adhérer à l’Union des paysans fribourgeois et lui verse une cotisation annuelle de 50 centimes par membre. Les apiculteurs participent à la foire aux provisions de Fribourg, comptoir de l’époque qui se tient à la Grenette, où se vend le miel à 5 fr. le kilo.

Le 30 avril 1930, la société d’apiculture de la Glâne entre dans la fédération. Cette année-là, le noséma cause de grands ravages dans certaines régions. Des ruchers perdent 80 à 90% de leurs colonies.
Le Doyen Colliard, membre du comité de la SAR durant 25 ans, fondateur et premier président de la FFA, meurt en 1932, l’Abbé Gapany lui succède au comité de la SAR.

L’école d’agriculture de Grangeneuve se dote d’un rucher expérimental. Le 11 octobre 1933, on inaugure ce nouvel outil de travail au service des apiculteurs.

1936 est une année de misère. Les hausses sont vides de miel et d’abeilles. Les apiculteurs doivent nourrir leurs colonies pour les sauver d’une mortelle famine. L’année suivante, l’état sanitaire des ruchers fribourgeois est mauvais. Acariose, loque et noséma sont la cause de grands dégâts. Les inspecteurs ont fort à faire: on compte beaucoup sur leur aide.

La première récolte de 1938 est nulle. Des gelées printanières ont sévi pendant la floraison de la dent-de-lion et des arbres fruitiers. Mais vers le 15 juin, la miellée de sapin commence et durera jusqu’à la fin du mois d’août. La moyenne de miel récolté est ainsi très bonne.

Trois sociétés entrent dans la FFA en 1942: celles de la Broye (201 membres) de la Veveyse (118 membres) et le groupe de Morat (85 membres) L’effectif de la FFA s’élève à 1’580 membres et même à 1’798 deux ans plus tard. Vu ce nombre, la FFA revendique un second siège au comité de la SAR. La démission de M. Farron, représentant du Jura, permettra d’exaucer ce voeu: Joseph Dietrich occupe le poste vacant.

L’année 1948 est très précoce. Au rucher de Grangeneuve, on pose les premières hausses le 21 avril déjà. Dans le cadre de la foire aux provisions, une journée est réservée à l’apiculture.

Les sociétés de la Gruyère, de la Veveyse et l’Abeille fribourgeoise participent au concours des ruchers de la SAR en 1951. Les 23 concurrents obtiennent 10 médailles d’or, 11 d’argent et 2 de bronze.
Dès 1953, le Folbex fait ses preuves dans le traitement de l’acariose.

1958 est l’année d’un profond remaniement au comité. Messieurs Loup, Baeriswil et Pasquier sont remplacés respectivement par l’Abbé Dubey, Albert Page et Georges Chassot. La nouvelle société de Marly et environs entre dans la FFA. Elle est représentée par l’un de ses membres fondateurs, Henri Macherel.
Il est question en 1962 d’implanter un rucher expérimental dans la région du Gibloux. Il serait placé sous la responsabilité de la station fédérale de Liebefeld. Le projet n’a jamais connu de concrétisation.

En 1969, deux membres quittent le comité : Jean Schneuwly et Henri Jaquet. Ils seront remplacés par Joseph Zahnd et Simon Beaud.

La bibliothèque SAR est transférée à Grangeneuve en 1970. Elle est gérée par Georges Fragnière
Nos campagnes souffrent de sécheresse en été 1976. La production de miel est fabuleuse. Les extracteurs tournent sans interruption du mois de mai à la fin août.

Lors de l’assemblée des délégués de Portalban en 1982, Georges Chassot demande à être remplacé à la tête de la FFA. Il est nommé président d’Honneur et Georges Fragnière lui succède.

Un nouveau parasite se répand en Allemagne et cause de grands ravages. Le varroa, tel est son nom, progresse inexorablement vers la frontière nord de la Suisse. A partir de 1986, l’apiculture ne sera plus jamais comme avant. Les apiculteurs ont dû ajouter à leur vocabulaires les mots détestables tels que traitements, produits chimiques, accoutumance. Ils savent que désormais la lutte est sans merci et sans espoir de rémission…. !

En 1991, la présidence de la FFA est reprise par Michel Curty. Homme au charisme inégalable, à l’aise dans toutes les situations, aux discours coulant de sa bouche tel un fleuve tranquille, aux « pas de problèmes, ça veut déjà aller ».

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